Les pays pauvres ont à peine reçu 10% des sommes promises par les pays riches pour s’adapter au changement climatique. Les mini-promesses ne sont même pas tenues.  
     
 

2 mars 2009.

 
     
 

La Banque Mondiale n’a honoré aucun de ses engagements pour le financement des projets permettant aux pays pauvres de s’adapter au changement climatique et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. (Voir l’étude de la Fondation Heinrich Boll).

 

 «C’est un scandale, les sommes avancées par les pays industrialisés sont de la petite monnaie. Ce que [les pays riches] offrent aux pays pauvres est dérisoire. Cela équivaut à la prime d’un seul banquier. C’est une insulte aux populations qui sont déjà frappées par l’accroissement des évènements climatiques extrêmes» dit Bernarditas Muller, négociateur en chef pour le G77 et la Chine.

 

Les pays pauvres ont à peine reçu 10% des sommes promises par les pays riches pour s’adapter au changement climatique. Les pays les plus riches de la planète, reconnaissant qu’ils sont en grande partie responsables du réchauffement planétaire, se sont engagés à verser près de 18 milliards de dollars au cours des sept prochaines années. Mais ces promesses sont rarement tenues. De plus, le délai d’accès à ces fonds peut atteindre plus de trois ans.

 

Selon les Nations Unies, ce sont 50 à 70 milliards de dollars qui devraient être investis immédiatement afin d’aider les plus pauvres à faire face aux graves inondations, sécheresses et vagues de chaleur dont la gravité s’accentue. Cette somme représente à peine dix pour cent du coût de la guerre en Irak. Yvo De Boer qui est à la tête de la Convention Cadre des Nations Unies chargée de superviser les négociations (CNUCC) reconnait la frustration et la déception des pays pauvres devant un financement qui frise l’absurde.

 

Sans financement significatif, aucun pays pauvre ne s’engagera dans les négociations climatiques de l’après-Kyoto. Ce manque d’action ne peut créer aucune confiance entre les pays riches et les pays pauvres – et cela ne s’arrange pas avec la crise financiere.  Notons au passage que la crise financière est l’argument malsain qui s’est déjà immiscé dans les débats de Poznan et qui vient teinter les futures négociations de Copenhague.

 

Du 7 au 18 décembre prochain, à Copenhague, la confiance sera absolument nécessaire pour etablir un accord efficace, donnant une suite au protocole de Kyoto en 2012 et permettant de lutter réellement contre le réchauffement climatique.

Comme le dit M. Dimas, commissaire européen de l’environnement: "L'accord de Copenhague devra impliquer une importante augmentation de l'aide financière pour aider les pays en développement à la fois à réduire les émissions et s'adapter aux changements climatiques.


Sans argent sur la table, il n'y aura pas d'accord."

 
  Yamina Salhi, GMCA.